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Mesures proposées pour un meilleur Continuum CPGE/Grandes Écoles de Management

Le lundi 3 juillet 2017.

Vous trouverez ci-dessous une synthèse des propositions résultant d’une réflexion commune entre :

- L’APHEC
- L’APLCPGE (Association des Proviseurs de Lycées à Classes Préparatoires aux Grandes Écoles)
- 14 Grandes Écoles (SKEMA, ESCP-Europe, EDHEC, GEM, TBS, NEOMA, Rennes SB, Dijon BSB, EM Normandie, KEDGE, ISC, INSEEC, ESC Pau, ESSEC).

I. Les constats sur le continuum CPGE/GE

Depuis quelques mois, un groupe de travail réfléchit à l’amélioration du continuum CPGE-Grandes Écoles. Certes, les écoles soulignent toutes la valeur ajoutée que donne aux étudiants un parcours en CPGE :

- Une très grande capacité de travail, une rigueur certaine et de solides connaissances en termes de culture générale.
- Une très bonne réussite sur les parcours en double diplôme à partir du Master 1 ou Master 2, aussi bien en France qu’à l’étranger d’ailleurs.
- Une excellente capacité à gérer la pression.
- Une récente enquête de l’EDHEC montre en outre que les élèves de classes préparatoires y acquièrent aussi «  le sens du collectif et l’esprit d’équipe  » à côté des compétences attendues d’« organisation et d’efficacité ».

Mais la réalité oblige à ne pas se limiter à cette autosatisfaction habituelle. Trois constats ont en effet été posés :

A. Une filière en 5 ans, mal identifiée par nos étudiants et par les acteurs de l’enseignement supérieur

  1. Cette filière en 5 ans est souvent peu perçue comme telle par nos étudiants qui l’envisagent davantage comme un 2 + 3 (pré- et post-concours).
  2. La réalité d’une filière en 5 ans préparant les étudiants au Master en Grande École est mal identifiée par les acteurs de l’orientation postbac et de l’enseignement supérieur. Rappelons pourtant que le concours d’entrée dans les écoles de management ne constitue pas une barrière. En effet, il n’élimine quasiment personne, mais répartit les candidats entre les différentes écoles. La continuité CPGE/GE est donc bien une réalité pour la quasi-totalité des étudiants de classes préparatoires.

B. Une transition entre la classe préparatoire et la Grande École qui n’est pas toujours performante

  1. L’arrivée des étudiants de CPGE en école est souvent difficile, par manque de préparation à la nouvelle pédagogie  ; les élèves de classes préparatoires savent travailler efficacement, mais manquent souvent de soft skills, ce qui nuit à leur bonne adaptation en première année de Grande École : quelles améliorations peuvent être apportées dans le tuilage CPGE-Grandes Écoles pour un meilleur continuum  ?
  2. Les écoles constatent un effet de dépressurisation lors de la première année, suite aux deux années intenses de préparation au concours, avec des étudiants parfois moins motivés et moins actifs que les étudiants étrangers. Ceci peut s’expliquer de manière différente selon les écoles : frustration au vu du résultat aux concours, manque d’autonomie ou d’adhésion face aux nouvelles méthodes d’apprentissage. Certaines écoles réfléchissent ou ont réfléchi sur une nouvelle organisation de l’enseignement en année prémaster pour pallier ces difficultés.
  3. L’ouverture aux étudiants étrangers en première année n’est pas toujours spontanée pour les étudiants issus de CPGE qui doivent faire l’apprentissage de «  la rencontre  » avec des jeunes issus d’autres pays ou cultures qu’eux.

C. Alors qu’elles appartiennent à la même filière, Grandes Écoles et Classes Préparatoires se connaissent insuffisamment.

  1. Il existe une certaine méconnaissance des professeurs de Grande École sur le cursus classe préparatoire et son contenu, le constat étant comparable pour les collègues de classes préparatoires sur les enseignements dispensés en école. Les professeurs étrangers notamment, connaissent mal le cursus en classes préparatoires et les collègues de CPGE ont parfois une vision réductrice de ce qui est fait en école.
  2. Alors même que tous les enseignements en grande école sont liés au monde de l’entreprise, celui-ci est largement méconnu des élèves de classes préparatoires. Certes, la vocation des CPGE n’est pas de préparer les étudiants aux disciplines de management qui doivent rester l’apanage des écoles. De même, il n’est pas question de suggérer aux étudiants de CPGE de préparer un projet professionnel : ce n’est qu’en école qu’ils commenceront à le construire. Pour autant, l’absence de tout contact avec le monde de l’entreprise en CPGE constitue l’un des facteurs d’une transition parfois mal vécue avec les enseignements en grande école.

II. Les actions proposées pour une meilleure articulation CPGE-Grande École

Remarques préalables

Tous les participants s’accordent sur le fait que ce qui est attendu en première année d’école est, dans une large mesure, commun : découverte et acquis des fondamentaux du management. Des actions communes sont donc envisageables et souhaitables, même s’il ne saurait être question de remettre en cause de quelque manière que ce soit la liberté pédagogique et d’organisation qui est constitutive de l’identité de chaque école.

En tout premier lieu, pour une mise en place rapide des dispositifs, il convient de réfléchir à des actions qui ne nécessitent ni d’engagement de la tutelle, ni de modification de l’architecture des concours, ni de coût élevé. Certaines des propositions ci-dessous doivent pouvoir être lancées sur la base d’expérimentations dont il faudra à terme établir un bilan. Ce n’est que dans un second temps que l’on pourra envisager une généralisation.

A. Développer une culture commune entre CPGE et Grande École

  1. Création par les écoles de «  modules en ligne  » à destination des élèves de CPGE : cela permettrait aux étudiants de découvrir dès la première année de leur cursus quelques-uns des enseignements délivrés en Grande École. L’idée serait celle d’un format léger : chaque école pourrait par exemple préparer une intervention très accessible de 30 minutes — il ne peut s’agir d’aborder des questions techniques en CPGE — consacrée à une présentation générale d’un domaine du management, ce qui suppose une répartition des thématiques entre les business schools. L’objectif n’est évidemment pas que chaque école fasse sa publicité à travers ce support, mais plutôt de permettre une sensibilisation des étudiants de CPGE aux enseignements et à la pédagogie qui les attendent en école. Ces modules (une dizaine tout au plus) seraient suivis en CPGE sous la responsabilité d’un professeur de CPGE. Ils pourraient faciliter les préparations aux entretiens de personnalité et de motivation, permettre aux candidats d’atténuer les aléas de cette épreuve en leur donnant une base commune face aux jurys et donner aux étudiants des vues un peu plus précises sur les voies vers lesquelles ils s’engagent. Ces modules seront disponibles et accessibles à partir de l’automne 2017.
  2. Intervention de professeurs volontaires de CPGE en année prémaster de Grande École pour des cours / modules de Culture Générale, Géopolitique ou autres, afin de permettre un passage plus en douceur de la classe préparatoire à la Grande École. Notons que cela se pratique déjà dans plusieurs écoles.
  3. Création par l’APHEC d’un diaporama ou d’une vidéo à destination des professeurs de Grande École, expliquant le fonctionnement des classes préparatoires, leur pédagogie et leur contenu. Ce support sera produit d’ici l’automne 2017. Il faudrait également préciser que les professeurs de CPGE sont connectés à la recherche, car ils sont désormais en grande majorité docteurs. Ces enseignants fournissent également de nombreuses contributions intellectuelles, telles que des articles dans des revues spécialisées ou la rédaction d’ouvrages de vulgarisation.
  4. Associer les professeurs de classes préparatoires aux entretiens de personnalité dans les écoles, soit en tant que jury, soit en tant qu’observateur. Cette pratique existe déjà dans certaines écoles et pourrait être étendue. Elle permettrait aux professeurs de CPGE de mieux connaître les écoles et leurs enseignants.

B. Offrir aux étudiants de CPGE une première sensibilisation au monde de l’entreprise et du management

La piste d’une immersion dans une organisation (entreprises, associations, etc.) au cours de la première année de CPGE semble intéressante à l’ensemble des participants au groupe de réflexion. Elle permettrait aux préparationnaires d’avoir une première approche personnelle de l’entreprise. Notons que cela répond à une demande des étudiants de CPGE et que plusieurs expériences en la matière fonctionnent déjà, notamment dans les voies ECT.

Ce dispositif d’immersion, dans un premier temps expérimental — il est d’ores et déjà programmé dans une trentaine de lycées à CPGE à Paris et en régions —, pourrait prendre les contours suivants :

  1. Durée : 5 jours au cours de la première année de CPGE, pris sur les cours en fin d’année ou pendant les vacances de printemps.
  2. Structures d’immersion : entreprises, associations, etc.
  3. Organisation et tutelle : accords entre des lycées volontaires et des structures qui mettent en relation les entreprises et les jeunes telles que Passeport avenir, Fratelli, les Rotarys, les antennes locales des syndicats patronaux, etc. Notons que des expériences de ce type fonctionnent déjà dans quelques lycées.
  4. Les attendus (sachant qu’il convient d’éviter le risque d’une simple répétition du petit stage d’observation que tous les collégiens effectuent en 3e) :
    1. Donner aux étudiants une dimension concrète de terrain à un cursus en CPGE dont le contenu est exclusivement académique  ;
    2. Offrir aux étudiants l’expérience de rencontres et d’échanges avec des managers  ;
    3. Possibilité dans certains cas d’effectuer pour des PME des petites missions (enquêtes de terrain par exemple)  ;
    4. Demander aux étudiants de tirer un bilan pour eux-mêmes en termes d’apport, de bonne surprise ou de déception de cette immersion. Un court «  rapport d’étonnement  » de son immersion sera rédigé par l’étudiant.
  5. Un débriefing partagé CPGE/GE :
    1. Le compte-rendu sera rédigé sous la responsabilité du professeur de CPGE.
    2. Dans la mesure du possible, un professeur d’une école de management pourrait venir effectuer un débriefing collectif avec les étudiants sur ce qu’ils peuvent retenir de leur immersion.
  6. Quel relais au concours  ? Lors de l’entretien de personnalité et de motivation, deux ou trois questions pourraient être posées par le jury aux candidats sur le bilan qu’ils tirent de cette immersion. Notons que cela ne nécessite aucun changement du déroulé de l’épreuve par les écoles, chacune restant totalement souveraine, comme aujourd’hui, dans l’organisation de ces entretiens.
  7. Quel cadre administratif  ? Les lycées à CPGE n’ont pas la possibilité — sauf exceptions souvent liées à la présence de BTS dans l’établissement — de signer une convention de stage. Cependant, étant donné la faible durée de cette immersion, il suffit que le projet soit voté en Conseil d’Administration pour permettre au Proviseur d’autoriser ces quelques jours hors du lycée. Cette immersion peut même être inscrite dans le projet d’établissement.

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